Le transhumanisme prépare-t-il la venue de l’impie ?

Par Jean-Marc Thobois

Le transhumanisme est une théorie qui est née dans les dernières années du su XXème siècle. Il est basé sur le vieux mythe de l’évolution des espèces vivantes ainsi que l’a conçu Darwin. Cette théorie est un des dogmes essentiels de la « religion matérialiste ».

Ainsi, l’homme actuel appelé « homo sapiens » serait le dernier chaînon de l’évolution des espèces animales en même temps que le plus perfectionné, puisque selon le dogme transformiste, l’évolution va toujours en s’améliorant.

Or, depuis l’avènement à grande échelle de la révolution informatique, d’aucuns sont arrivés à la conclusion que l’homme est maintenant arrivé à un stade où il peut prendre en main sa propre évolution et grâce au progrès des sciences et des techniques il va pouvoir se transformer en un surhomme et créer un monde où tous pourront goûter félicité, sécurité et bonheur, autrement dit le paradis sur terre. On va même jusqu’à envisager que d’ici quelques dizaines d’années à peine, on pourrait vaincre la mort, ainsi l’homme deviendrait une sorte de dieu et « l’homo sapiens » deviendrait « l’homo deus » : l’homme-dieu.

Cette idée qui avait déjà été envisagée par certains philosophes du XIXème siècle, notamment par Nietsche, repose sur une foi aveugle dans le progrès technique.

Avec la révolution informatique ce progrès technique ouvre un champ que l’on considère comme quasi illimité, grâce auquel nous allons pouvoir connaître les moindres secrets de l’univers et utiliser ces connaissances pour créer le monde parfait auquel on rêve, en bref, c’est le vieux rêve de l’Eden,: «Vous serez comme Dieu, connaissant le bien et le mal…»

C’est aussi le vieux rêve de Babel d’un monde unifié: le grand village mondial ayant une seule langue, et un seul nom. Mais, comme à Babel, de ce monde-là Dieu est exclu. Tout est basé sur le matérialisme, triomphant plus que jamais, malgré les mises en question que la science elle-même a apportées à ce matérialisme.

Il est effarant de voir que la plupart des scientifiques modernes répugnent à admettre l’existence d’un Dieu créateur et d’une finalité de la création ! Tout se passe comme s’ils avaient une véritable terreur de Dieu, c’est pourquoi ils préfèrent nier son existence malgré les évidences. Leurs dieux sont la science et le progrès, avec l’idée que demain sera meilleur qu’aujourd’hui et après-demain sera mieux que demain.

Un dangereux pari sur l’avenir

Cette idée est un pari totalement aveugle, car dans l’état actuel des choses nul ne peut dire ce que sera demain, ce monde technicisé à l’extrême et rien ne garantit, bien au contraire, que le « progrès » apportera un mieux-être, au contraire, nombre de penseurs tirent la sonnette d’alarme quant aux conséquences de cette évolution et déclarent que le monde de demain pourra certes ressembler à un paradis pour un petit nombre de privilégiés, mais sera un enfer pour la majorité de l’humanité.

Mais qu’importe, comme le disent nos dirigeants « nous sommes en marche »! Vers quoi ?

Nul ne le sait ! Mais on fait ce pari que tout ce qui appartient au passé est forcément mauvais, ou tout du moins « dépassé, obsolète », tandis que tout ce qui est à venir est forcément bon et positif !

Pour reprendre le vieux slogan des anarchistes : « Du passé, faisons table rase…»

On comprend que face à une telle mentalité, la Bible et le judéo-christianisme n’ont pas beaucoup d’avenir et l’on considère, notamment dans les hautes sphères de Bruxelles, où l’on professe ce genre de théorie , ainsi que chez la plupart des dirigeants européens, que d’ici une génération, seuls quelques vieux dinosaures continueront à s’intéresser à la religion.

Bien sûr, on oublie que l’homme est pécheur et que tout ce qui sort de ses mains est marqué par le péché et que par conséquent, toutes les babels qu’il pourra construire seront obligatoirement marquées par l’imperfection et vouées à la destruction même.

Or, le grand village mondial qui est en train de naître sous nos yeux et cette aventure du transhumanisme dans laquelle nous sommes déjà engagés, sans même nous en rendre compte, ressemble étrangement au monde de l’Impie que la Bible nous décrit en relation avec les temps de la fin.

Le monde de l’impie se met en place sous nos yeux

Ainsi, en II Thess.2, Paul nous parle de « l’homme du péché, le fils de la perdition , l’adversaire », qui s’élève contre tout ce que l’on appelle Dieu, au point de se proclamer lui-même Dieu !»

Il nous faut constater que le « transhumanisme» a exactement cette visée et est en train de la réaliser à une vitesse exponentielle, car il y a une véritable accélération des progrès techniques qui donnent véritablement le vertige.

Ce même texte de II Thess. nous déclare que l’apparition de cet impie se fera par des miracles mensongers et toutes les séductions de l’iniquité. Ne parle-t-on pas déjà des «miracles» de la science ? Or, ceux que l’on nous promet pour demain ne sont rien en comparaison de ceux d’aujourd’hui, outre la victoire sur la mort « réservée bien entendu à quelques privilégiés qui pourront se payer cette technologie extrêmement coûteuse – imaginons ce que serait un monde où Hitler et Staline auraient vécu éternellement – »? On nous promet un allongement substantiel de la durée de la vie humaine, la guérison de la plupart des maladies et même la possibilité de greffer une tête humaine sur le corps d’un homme décédé !

Non, ce n’est pas de la science-fiction, c’est très sérieusement que l’on en parle !

Et comme le dit le récit de la tour de Babel, Dieu constate que rien ne les empêcherait d’accomplir ce qu’ils ont décidé et c’est pourquoi Dieu va « descendre » pour mettre fin aux prétentions orgueilleuses de ces êtres déchus.

De telles perspectives appartiennent au domaine de la séduction, telle que la décrit Paul dans la 2ème épître aux Thessaloniciens : qui, en effet ne voudrait ne plus craindre la maladie, la vieillesse et la mort ! On le voit, ces théories bien séduisantes sont donc promises à un grand avenir, mais en réalité c’est un monde inhumain que l’on nous prépare où l’homme sera totalement robotisé, contrôlé, asservi à ceux qui d’en haut tireront les ficelles pour leur plus grand bénéfice en attendant que surgisse un homme qui prendra le contrôle de l’ensemble du système : l’antichrist !

En Apocalypse 12, il est question de ce personnage qui a reçu une blessure mortelle et qui pourtant revit, ce qui provoque l’admiration de « tous les habitants de la terre ». Cette affirmation encore invraisemblable il y a quelques années, devient maintenant du domaine du possible.

L’Eglise n’est pas prête à faire face…

Ce que nous allons vivre ressemble à ce qui s’est passé en Egypte lors de la confrontation entre Moïse et les sages de l’Egypte. Ces derniers appelés en hébreu « Hartoumim » ( ce qui peut aussi signifier : technicien) cherchaient à imiter les miracles de Moïse par des techniques occultes pour démontrer qu’il n’y avait rien de miraculeux dans ces prodiges.

Or, tel est le grand défi auquel se trouve confronté l’Eglise de demain ! La science va bientôt être capable d’imiter les plus grands miracles décrits dans la Bible et par conséquent animé par la haine qui est la sienne, des choses de Dieu, de chercher à démontrer que les miracles bibliques n’ont rien d’extraordinaire et s’expliquent naturellement par la science et que par conséquent Dieu n’existe pas! On comprend dès lors, l’interrogation de Jésus « Quand le fils de l’homme viendra trouvera-t-il encore la foi sur la terre ? »

Or, l’Eglise n’est pas pour l’heure prête à cette confrontation ; elle n’est pas rangée en ordre de bataille, les véritables miracles, signes et prodiges, ainsi que les véritables charismes sont de plus en plus rares en son sein, or, il faut que l’Eglise de demain soit capable de contester avec les « magiciens de l’Egypte » pour les amener à reconnaître comme cela s’était produit lors de l’exode « C’est le doigt de Dieu !» Il y va de son avenir même, ainsi que de pouvoir encore évangéliser.

Or, ce système se met en place par petites touches, comme la cuisson du homard, et déjà nombre de chrétiens sont séduits par les merveilles de la technologie moderne, ils sont accros d’internet, des tablettes, des smartphones et autres gadgets du même ordre, sans se rendre compte qu’ils sont sur une planche savonneuse qui va les entraîner beaucoup plus loin.

De ce fait, chez beaucoup de chrétiens, la Bible ne fait plus autorité et souvent inconsciemment nombreux sont ceux qui, à l’instar de leurs contemporains, considèrent plus ou moins que la bible est un livre désuet dans lequel il faut puiser, mais qu’il faut en prendre et en laisser.

L’idée de base du « transhumanisme » est que l’homme n’est rien qu’un paquet d’atomes et que l’esprit n’est qu’un sous-produit de la matière, or, la vraie science nous enseigne exactement le contraire. Ainsi les savants sont arrivés à la conclusion qu’il y a eu une création du monde qu’ils appellent « le big bang » et qu’avant la création l’univers existait sous forme d’information dans un temps qu’ils appellent « temps imaginaire » ce que la bible appelle « l’éternité » c’est à dire un temps où il n’y a ni présent, ni passé, ni futur. Cette information avait été élaborée dans un ordre parfait par une super intelligence qui avait tout prévu d’avance depuis le commencement de l’univers jusqu’à sa fin.

Un temps pour se mettre en ordre de bataille

Or, l’information est un langage, ce qui nous ramène au prologue de Jean :

« Au commencement était la parole et la parole était avec Dieu et la parole était Dieu. »

Il est intéressant de noter qu’en grec le mot « logos » que l’on traduit par « parole », peut aussi signifier « information ». Ainsi, comme l’a dit Louis Pasteur « Un peu de science éloigne de Dieu, beaucoup de science y ramène. ». Ceci veut dire que ce qui est spirituel : la parole, précède ce qui est matériel, ce qui est aux antipodes de ce qu’affirment les matérialistes.

Ces derniers ne prennent donc pas en compte ce qui est spirituel et par conséquent leur jugement est faux et leurs conclusions erronées. Donc, leurs applications risquent d’être dramatiques pour l’humanité toute entière ». Se vantant d’être sages, ils sont devenus fous !».

Enfin, ils ne prennent pas en compte les jugements de Dieu qui, comme à Babel ont provoqué la confusion (Bavel en hébreu) ce qui risque bien d’arriver aux savants modernes.

En attendant cette heure, l’Eglise du XXIème siècle se trouve confrontée au plus grand danger de toute son histoire et souvent ne s’en rend pas compte parce qu’elle- même se trouve séduite et aveuglée comme Laodicée qui était aveugle et nue.

Que faut-il faire face à cette tempête qui vient, à ce filet dont parlait Jésus (anglais : NET, comme interNET…) :

  • D’abord prendre conscience du danger, se réveiller de sa torpeur mortelle, de la séduction hypnotique qui envahit l’Eglise.
  • Ensuite, crier à Dieu pour qu’il se fasse des signes, des prodiges et des miracles qui confondront les « magiciens de l’Egypte ».

Pour l’heure, Dieu est silencieux, sans nul doute à cause du péché de l’Eglise. Elle doit donc revenir à Dieu de tout son cœur et attendre une nouvelle visitation du Saint Esprit.

Ce temps doit être pour elle le temps de l’espérance de l’attente indéfectible de l’intervention divine. C’est le temps « d’espérer contre toute espérance » et comme le disait l’ange au prophète Daniel : « Celui qui attendra ( ou espèrera, ou encore persévèrera) … arrivera ( au but !) »

Enfin, il convient de faire tout notre possible pour conserver le monde jusqu’à la fin pour que Dieu puisse y accomplir son œuvre. L’Eglise ne pourra pas s’opposer à la marche des événements, elle est confrontée à des forces qui la dépassent et que seul Dieu peut maîtriser, mais en attendant qu’Il se lève et qu’Il intervienne, l’Eglise doit s’efforcer de maintenir une dimension humaine et spirituelle dans un monde désaxé et déboussolé pour que lorsque le Seigneur reviendra Il puisse trouver un peuple prêt à le recevoir.

Seule l’Eglise est capable de conserver cette dimension humaine dans un monde qui devient de plus en plus inhumain, le « comment » de cette démarche doit être l’objet d’une profonde réflexion de sa part, d’une recherche ardente de Dieu et d’une écoute redoublée de son esprit, car Lui seul peut nous révéler ce qui doit être notre attitude dans ce temps. C’est ce qu’il a dit notamment au prophète Daniel, au chapitre 12 de son livre : « Au temps de la fin, la connaissance augmentera et des hommes sages comprendront ! »

Et face à la tempête qui vient et qui est déjà là, c’est la tâche la plus urgente qui se dresse devant l’Eglise !

Source: Association Keren

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