LA GRÂCE Â BON MARCHÉ ET LA GRÂCE QUI COÛTE

La grâce à bon marché est l’ennemie mortelle de notre Eglise…La grâce à bon marché, c’est la grâce considérée comme une marchandise à liquider, le pardon au rabais, la consolation au rabais, le sacrement au rabais … ; la grâce non tarifée, la grâce qui ne coûte rien…

La grâce à bon marché c’est la grâce envisagée en tant que doctrine, en tant que principe, en tant que système ; c’est le pardon des péchés considéré comme une vérité universelle ; c’est l’amour de Dieu pris comme idée chrétienne de Dieu. L’affirmer, c’est posséder déjà le pardon de ses péchés…

Dans cette Eglise le monde trouve, à bon marché, un voile pour couvrir ses péchés, péchés dont il ne se repent pas et dont, à plus forte raison, il ne désire pas se libérer. De ce fait la grâce à bon marché est la négation de la Parole vivante de Dieu, la négation de l’incarnation de la Parole de Dieu.

La grâce à bon marché, c’est la justification du péché et non point du pécheur. Puisque la grâce fait tout toute seule, tout n’a qu’à rester comme avant …

Que le chrétien vive donc dans le monde, qu’il soit en toutes choses semblable au monde et qu’il ne s’avise surtout pas de mener sous la grâce une vie différente de celle qu’on mène sous le péché !

La grâce qui coûte, c’est le trésor caché dans le champ : à cause de lui, l’homme va et vend joyeusement tout ce qu’il a… ; c’est la royauté du Christ : à cause d’elle, l’homme s’arrache l’œil qui est pour lui une occasion de chute ; c’est l’appel de Jésus Christ : l’entendant, le disciple abandonne ses filets et suit.

La grâce qui coûte, c’est l’évangile qu’il faut toujours chercher à nouveau ; c’est le don pour lequel il faut prier, c’est la porte à laquelle il faut frapper. Elle coûte parce qu’elle appelle à l’obéissance ; elle est grâce parce qu’elle appelle à l’obéissance à Jésus-Christ …

La grâce coûte cher d’abord parce qu’elle a coûté cher à Dieu, parce qu’elle a coûté à Dieu la vie de son Fils.

Cette Parole nous atteint sous la forme d’un appel miséricordieux à suivre Jésus sur la voie de l’obéissance, elle se présente à l’esprit angoissé et au cœur abattu sous la forme d’une parole de pardon.

La grâce coûte cher parce qu’elle contraint l’homme à se soumettre au joug de l’obéissance à Jésus-Christ. Mais c’est une grâce que Jésus dise : « Mon joug est doux et mon fardeau léger »

D. BONHOEFFER : Le prix de la grâce

Les chrétiens sont avec Dieu dans sa Passion. Voilà ce qui distingue les chrétiens des païens. « Ne pouvez-vous veiller une heure avec moi ? » demande Jésus à Gethsémané.C’est le renversement de tout ce que l’homme religieux attend de Dieu. L’homme est appelé à souffrir avec Dieu de la souffrance que le monde sans Dieu inflige à Dieu »

D. BONHOEFFER : Résistance et soumission – Lettres de captivité

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