La saine doctrine est le fondement d’une bonne pratique (Sinclair Ferguson)

Jésus a enseigné le christianisme pratique au cours du Sermon sur la Montagne. Pour certains, ce sermon semble difficile à appliquer, mais il parle certainement de la réalité de tous les jours du début à la fin!

Nous y trouvons de l’instruction sur la manière de se comporter, sur les motivations qui se cachent derrière nos actions, sur la prière, l’anxiété et bien d’autres sujets pratiques. Mais sur quelles fondations doit-on bâtir ces réalités pratiques? Jésus enseigne qu’elles reposent sur ce que l’on sait de Dieu, de sa nature et de ses façons d’interagir avec les hommes. Le grand objectif de la prière, comme le Seigneur nous l’a expliqué, est que nous sachions que Dieu est le Père (et donc que nous sommes ses enfants) et qu’il connaît nos besoins avant même que nous lui en fassions part.

La doctrine dans le Notre Père

Le modèle de prière qu’il nous a donné est un manuel de doctrine par excellence : la paternité de Dieu, son existence céleste, sa sainteté, son nom, son royaume et sa venue, la nature de la volonté divine, sa providence quotidienne, son pardon, la tentation et l’existence de Satan! Le Sermon sur la Montagne, que l’on peut appeler « code de vie dans le royaume de Dieu » est un sermon qui se veut ouvertement doctrinal. Son message démontre que la connaissance de Dieu ainsi que la compréhension certaine de son caractère et de ses voies constituent la base de toute la vie chrétienne pratique.

La petite Apocalypse

Il en est de même avec tous les autres grands sermons de Jésus. Dans Matthieu 24-25, Marc 13 et Luc 21.5-36, nous lisons ce qu’on appelle parfois « la petite Apocalypse ». Il s’agit de l’enseignement du Seigneur sur les « choses de la fin ». Le côté frappant de sa doctrine, par contre, c’est de voir à quel point ses répercussions sont pratiques. Christ n’a pas communiqué la connaissance à son groupe de disciples pour le simple intérêt de la connaissance. Il les a instruits, pour leur permettre de vivre d’une façon réellement chrétienne peu importe les circonstances de leur vie.

Le dernier sermon du Christ

 Cela est d’autant plus clair dans le dernier sermon de Jésus aux onze réunis dans la chambre haute (Jean 13 à 17). Ici, il fait face à la plus grande crise de sa propre vie. Il est « troublé en son esprit » (Jean 13.21). Ses disciples aussi subissaient évidemment une grande pression et une grande détresse. Leurs cœurs étaient également troublés (Jean 14.127). Que fait Jésus? Comment répond-il? Notre Seigneur lui-même se concentre sur ce que l’on considère aujourd’hui comme la plus sublime et la plus grande des doctrines chrétiennes!

Les pensées de Jésus se tournent vers la doctrine de la Trinité : « Je prierai le Père, et il vous donnera un autre Consolateur qui soit éternellement avec vous, l’Esprit de vérité » (Jean 14.16-17); « Si vous me connaissiez, vous connaîtriez aussi mon Père… Celui qui m’a vu, a vu le Père… Je suis dans le Père et que le Père est en moi » (Jean 14.79,10). « Tout ce que le Père a, est à moi; c’est pourquoi j’ai dit qu’il prendra de ce qui est à moi, et vous l’annoncera » (Jean 16.15). 

Notre Seigneur se concentre aussi sur la gloire de Dieu : « Maintenant, le Fils de l’homme a été glorifié, et Dieu a été glorifié en lui. Si Dieu a été glorifié en lui, Dieu aussi le glorifiera en lui-même, et il le glorifiera bientôt » (Jean 13.31-32). « Père, l’heure est venue. Glorifie ton Fils, afin que le Fils te glorifie » (Jean 17.1). « Père, je veux que là où je suis, ceux que tu m’as donnés soient aussi avec moi, afin qu’ils contemplent ma gloire, celle que tu m’as donnée, parce que tu m’as aimé avant la fondation du monde » (Jean 17.24).

Comment est-il possible d’explorer les richesses de telles déclarations?

Conclusion

Il importe de souligner que ces grandes vérités, que nous avons tendance à renfermer sous la catégorie des « doctrines », sont en fait le fondement même de l’encouragement que Jésus prodigue à ses disciples et s’adresse à lui-même dans une heure de grands besoins pratiques. C’est comme s’il disait : « Seul l’homme qui sait atteindre ces hauteurs sera capable de tenir ferme quand il descendra vers les profondeurs de l’expérience humaine. »

Il faut donc, à la lumière de cette réflexion, reconnaître l’importance pratique des doctrines chrétiennes. Il faut peut-être revoir notre conception personnelle de la doctrine afin de la ramener au cœur de notre expérience spirituelle. Pour trop de chrétiens, depuis trop longtemps, la doctrine a été perçue comme inapplicable, lourde et relativement inutile. Toutefois, nous ne pouvons pas entendre notre Seigneur (assurément, l’homme le plus pratique qui ait jamais vécu) si nous rejetons sa doctrine. Car il l’enseigne afin de remplir nos vies de stabilité et de grâce.


Cet article est tiré du livre : La vie chrétienne de Sinclair Ferguson

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