Chaque jour, 25 000 personnes meurent de faim

Source d’origine: Chronique ONU

À propos de l’auteur

À propos de l’auteur
John Holmes
John Holmes est Sous-secrétaire aux affaires humanitaires des Nations Unies et a été le Coordonnateur de l’Equipe de travail sur la crise de la sécurité alimentaire mondiale jusqu’au 31 décembre 2008. Il a été ambassadeur de Grande-Bretagne à Paris, de 2001 à 2007, et à Lisbonne, de 1999 à 2001.

Au cours des deux dernières décennies, la demande alimentaire n’a cessé de croítre avec l’accroissement de la population mondiale, l’amélioration des revenus et la diversification des régimes alimentaires. Jusqu’en 2000, les prix des denrées alimentaires ont baissé grâce à des récoltes records. Simultanément, les investissements publics et privés en agriculture (surtout dans la production d’aliments de base) ont diminué et conduit à la stagnation ou à la baisse de la croissance des résultats des récoltes dans la plupart des pays en développement1. L’urbanisation rapide a conduit à la conversion des terres agricoles en terres non agricoles. En outre, la faiblesse des prix a encouragé les agriculteurs à se tourner vers d’autres cultures alimentaires ou non alimentaires. L’utilisation instable des terres a également causé la dégradation des terres, l’érosion des sols, l’épuisement des éléments nutritifs, la rareté de l’eau, la désertification et la perturbation des cycles biologiques.
À partir de 2004, les prix des denrées alimentaires ont commencé à augmenter, et la production s’est accrue, mais plus lentement que la demande2. En 2005, l’extrême gravité des intempéries dans les grands pays producteurs ont entraíné une baisse de la production céréalière mondiale de 2,1 % en 20063. En 2007, l’augmentation rapide du prix du pétrole a non seulement entraíné une hausse du prix des engrais et autres facteurs de production alimentaire, mais a créé aussi un climat favorable à une expansion des biocarburants à partir de céréales, essentiellement de céréales secondaires et d’oléagineux. Un grand nombre de pays ont imposé des restrictions aux exportations des produits de base tandis que certains importateurs clés ont acheté des céréales à n’importe quel prix pour maintenir leurs stocks alimentaires. Ceci s’est traduit par une certaine panique et volatilité dans les marchés de céréales internationaux, a attiré des investissements spéculatifs et contribué à l’envolée des prix.
Alors que certains prix semblent se stabiliser, la plupart devraient demeurer élevés. Les bonnes récoltes anticipées dans les principaux pays producteurs de céréales et des indications selon lesquelles quelques grands producteurs sont prêts à assouplir les restrictions aux exportations ont commencé à calmer les marchés de céréales. Les prix internationaux ont commencé à descendre des sommets qu’ils avaient atteints. Cependant, dans le moyen à long terme la dynamique de l’offre et la demande, le prix élevé des carburants, des menaces mondiales comme le changement climatique4, le stress hydrique et la dégradation des ressources en eau, devraient maintenir les prix des denrées alimentaires bien au-dessus de leurs niveaux de 2004.
UN TRIPlE DÉFI
La crise alimentaire mondiale actuelle est un énorme défi. Pour y faire face efficacement et éviter une paupérisation massive ainsi que le recul des progrès si difficilement obtenus dans le domaine du développement, il faudra un engagement politique soutenu aux plus hauts niveaux pendant des années. Cette crise ne peut être abordée isolément. En effet, le Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, a identifié la crise alimentaire mondiale, les Objectifs du Millénaire pour le dévelopement et les changements climatiques comme un triple défi pour le monde au cours des prochaines années.
Mais la communauté internationale est-elle capable de travailler de concert pour promouvoir un développement durable, compte tenu de la croissance démographique rapide et de l’épuisement des ressources hydriques, foncières et énergétiques ?
Pour répondre à cette crise alimentaire, les Nations Unies ont créé une Équipe spéciale de haut niveau sur la crise mondiale de la sécurité alimentaire, présidée par Secrétaire général Ban Ki-moon. Elle est composée des responsables des institutions spécialisées, des fonds et des programmes des Nations Unies, des institutions de Bretton Woods et des parties concernées du Secrétariat des Nations Unies5. Son objectif a été de créer un plan d’action face à la crise et de coordonner sa mise en œuvre. Ce plan, connu sous le nom de Cadre global d’action, propose des moyens pour faire face aux menaces et saisir les opportunités liées à la hausse des prix des denrées alimentaires; encourager les changements de politique afin d’éviter de futures crises alimentaires; et contribuer à la sécurité alimentaire et nutritionnelle aux niveaux national, régional et international.
Bien que ce Cadre d’action soit un produit concerté des membres de l’Équipe spéciale, il a fait l’objet de larges consultations avec d’autres parties du système des Nations Unies, des spécialistes et des groupes de réflexion internationaux, le Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge et les principales ong internationales. Il ne prétend pas apporter une solution magique à tous les problèmes de la crise alimentaire mondiale, encore moins au triple défi. Je crois cependant qu’il met en place un programme d’actions coordonnées et propose des recommandations qui peuvent faire la différence sur le long terme, dans un domaine fondamental, la sécurité alimentaire et nutritionnelle.
LES CAUSES DU PROBLÈME
Les prix ont commencé à augmenter en 2004, avec une montée en flèche particulièrement marquée en 2006. Selon les prévisions de l’Organisation pour l’alimentation et l’agriculture des Nations Unies, les importations alimentaires mondiales pourraient s’élever à 1 035 milliards de dollars en 2008, soit une augmentation de près de 215 milliards de dollars par rapport à 20076. Cela coûtera très cher aux pays à faible revenu et au déficit vivrier dont les dépenses alimentaires augmenteront de plus de 40 % en 2008 et entraínera également une inflation, le déséquilibre de la balance des paiements et l’augmentation de la dette d’un grand nombre de pays à faible revenu.
L’envolée fulgurante des prix alimentaires mondiaux au cours des douze derniers mois, associée à une diminution des stocks et à la montée en flèche des prix du pétrole, a gravement mis en danger la sécurité alimentaire et nutritionnelle mondiale et a souligné de nouveau l’importance de prendre les mesures nécessaires pour garantir le droit à une alimentation suffisante. La faim et la malnutrition sont les plus grandes menaces posées à la santé publique, faisant plus victimes que le vih/sida, le paludisme et la tuberculose conjugués. Chaque jour, 25 000 personnes, dont plus de 10 000 enfants, meurent de la faim et des causes associées. On estime que 854 millions de personnes sont sous-alimentées dans le monde et que la hausse des prix risque de faire basculer 100 millions de personnes supplémentaires dans la pauvreté et la faim. Les risques sont particulièrement élevés parmi ceux qui dépensent au moins 60 % de leurs revenus pour se nourrir : les pauvres et les populations déplacées dans les villes, les populations rurales sans terres, les éleveurs de troupeaux et la majorité des petits exploitants agricoles.
L’urbanisation est une dynamique cruciale de l’offre alimentaire. Les pauvres des villes, qui comprennent environ 1,2 milliard d’habitants de taudis, sont très vulnérables aux augmentations actuelles des prix des aliments et de l’énergie. Même dans des conditions normales de prix, ils sont souvent incapables de produire ou d’acheter des aliments ou une énergie domestique pour subsister. L’urbanisation est aussi en train de changer de manière irréversible les modes de consommation et de production. Les modes alimentaires urbains changent et sont de plus en plus vulnérables aux chocs extérieurs en raison de la dépendance à l’égard des produits d’importation au détriment de ceux qui sont produits localement.
Les petits cultivateurs et leur famille représentent 2 milliards de personnes, soit environ un tiers de la population mondiale. On estime à 85 % des exploitations (soit 450 millions) dans le monde de moins de deux hectares et la moyenne baisse. La majorité des petits cultivateurs et des ouvriers agricoles sans terres vivent avec moins de deux dollars par jour et achètent plus qu’ils ne produisent. Bon nombre d’entre eux sont des femmes qui sont désavantagées en ce qui concerne l’accès à la terre, les intrants agricoles, les services de vulgarisation, les marchés et les financements. La capacité des petites exploitations se heurte à l’impossibilité de se procurer des semences de qualité, des engrais ainsi que des médicaments pour les bêtes et les services connexes, ce qui aboutit à une extension importante des zones utilisées pour l’agriculture à des terres qui y sont moins appropriées, avec les graves conséquences que cela a pour les écosystèmes.
Le Cadre global d’action veut être un catalyseur d’action en offrant aux gouvernements, aux institutions et organisations internationales et régionales, à la société civile un ensemble de politiques et de mesures concrètes pour répondre à la crise. Il reconnaít que toute réaction doit prendre en compte les besoins, les capacités et les situations propres à tel pays ou région. Alors que de nombreuses actions nécessitent une aide extérieure, les politiques et actions définies dans le cadre d’action visent surtout à améliorer la capacité de résistance des pays à absorber les chocs futurs. La clé de la réalisation des résultats présentés dans le cadre d’action sera l’établissement de partenariats étroits entre les gouvernements, les membres du Groupe d’action de haut niveau, les organisations de la société civile et du secteur privé et les donateurs.
LA MALNUTRITION ET LES MALADIES CHRONIQUES : UNE DOUBLE MENACE
Les conséquences immédiates des prix élevés ont mis en évidence la vulnérabilité des ménages, des gouvernements et du système international à l’insécurité alimentaire et nutritionnelle7. Les risques sont probablement plus prononcés dans les zones urbaines où les populations dépendent des marchés pour l’alimentation. Toutefois, 75 % des pauvres du monde vivent dans les zones rurales et la plupart doivent acheter et produire des aliments. Beaucoup de petits exploitants, qui constituent la grande majorité des producteurs agricoles, ne bénéficient pas de la hausse des prix. Ils sont incapables d’augmenter leur production faute d’accès au financement, aux intrants agricoles, comme les semences, les engrais, l’énergie et les marchés. Eux aussi ont du mal à nourrir leur famille.
Le risque est que l’absence de mesures pour aider ces populations vulnérables ait un effet irréversible sur le développement humain, en particulier pour les femmes et les enfants. Plus de 80 % de la population mondiale aujourd’hui n’ont pas accès à un système de protection sociale. Les plus vulnérables doivent se débrouiller du mieux qu’ils peuvent, souvent au détriment de leur santé : ils réduisent le nombre de repas, consomment des aliments nutritifs, retirent leurs enfants de l’école, vendent leur bétail et autres biens ou empruntent pour nourrir leur famille. La réduction de la ration nutritionnelle risque d’accroítre les taux de malnutrition pour des générations, aggrave l’état de santé des populations et réduit la résistance aux maladies et aux chocs. La crise alimentaire est donc une double menace à la santé : la malnutrition, principalement chez les jeunes enfants, et les maladies chroniques (maladies cardiaques, diabète et certains cancers) est étroitement associée à un régime alimentaire inadéquat.
Les groupes qui sont victimes de l’exclusion sociale seront probablement plus vulnérables à l’augmentation des prix des denrées alimentaires. Ils comprennent les communautés autochtones, les minorités ethniques, les handicapés, les populations déplacées, les apatrides et les migrants. Beaucoup de réfugiés et de personnes déplacées dans leur pays ont besoin d’une aide alimentaire pour vivre et manquent d’accès à une terre à cultiver, à l’emploi et à des activités génératrices de revenus. En effet, la crise alimentaire mondiale met en danger la vie de millions de personnes les plus vulnérables au monde entier et menace de compromettre les avancées importantes vers la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement visant à réduire la pauvreté et la faim8.
LA RÉACTION DES GOUVERNEMENTS Face à la hausse des prix des denrées alimentaires, plusieurs gouvernements ont envisagé des mesures de politique commerciale et fiscale pour compléter ou remplacer les filets de sécurité sociale interne. Toutefois, certaines politiques, comme un contrôle direct des prix, les restrictions aux exportations, des subventions généralisées ou des augmentations des salaires, peuvent fausser encore plus les marchés, finir par être inefficaces ou ne pas être budgétairement viables. Le contrôle des prix pourra initialement stabiliser les attentes, mais à long terme il aura un effet dissuasif sur les producteurs et les commerçants. Il pourra être difficile à appliquer et risquera d’entraíner une pénurie alimentaire et une augmentation des activités du marché noir. De même, les restrictions à l’importation peuvent augmenter la volatilité des prix, resserrer les stocks et les disponibilités alimentaires dans les marchés internationaux et dissuader les exploitants d’investir dans le renforcement de la productivité.
Les prix élevés ont contribué à la forte montée de l’inflation dans de nombreux pays et aggravé la balance des paiements des pays importateurs nets de produits alimentaires. On a calculé que l’augmentation des prix des denrées alimentaire est entrée pour 44 % environ dans l’inflation mondiale au cours de l’année 2007. Ceci risque de compromettre la croissance d’un grand nombre de pays qui ont réussi à contrôler l’inflation au prix de grands efforts. L’inflation fait baisser le niveau de vie, en particulier des populations pauvres, et mine la croissance et le développement.
UN EFFET DE DOMINO
La hausse des prix alimentaires est une menace de troubles et d’instabilité politique. Cette menace se fait particulièrement sentir dans les pays en proie à un conflit ou qui en sortent, dans lesquels les institutions politiques et sociales sont fragiles et moins aptes à calmer les mouvements de panique sociale. Sont particulièrement préoccupants les pays engagés dans une transition politique délicate ou qui comptent des groupes organisés prêts à exploiter les frustrations populaires pour défier l’État et son autorité. D’autres pays à surveiller comprennent ceux qui souffrent déjà de graves situations humanitaires ou qui sont soumis à des sanctions ou à des embargos économiques. Il faut noter cependant que la vaste majorité de ceux qui ont faim dans le monde souffrent en silence. On risque, en ménageant ceux qui sont dangereux, de perdre de vue les pacifiques.
La crise alimentaire actuelle menace aussi les marchés alimentaires internationaux. La réduction mondiale des stocks nationaux de céréales observée ces dernières années a été due à l’augmentation de la confiance dans le fait que les prix demeureraient relativement stables et que le commerce mondial permettrait aux pays d’acquérir rapidement et facilement des céréales sur les marchés internationaux. La conjonction récente des restrictions aux exportations et de la fermeture de l’accès aux stocks alimentaires existants, aggravée par la politique de subventions et de biocarburants de gros exportateurs, a contribué à miner cette confiance. Cela pourrait compromettre les progrès vers un système de commerce international juste et équitable, les pays envisageant de revenir à une autosuffisance alimentaire fondée uniquement sur leur propre production et leurs propres stocks – politiques connues pour avoir généralement sapé la croissance agricole.
LES LEÇONS TIRÉES DE LA CRISE
La flambée des prix des denrées alimentaires peut profiter aux petits exploitants à condition qu’ils bénéficient d’une aide appropriée. Les interventions devraient assurer l’accès aux intrants (semences et engrais), la modernisation de l’infrastructure et l’application de méthodes pour réduire les pertes après les récoltes. Ceci augmentera les rendements, augmentera la protection des ménages ruraux et l’offre alimentaire locale. Il faudra compléter ces mesures par des investissements accrus dans la recherche et l’infrastructure agricoles, ainsi que par des mesures tendant à stimuler la productivité des petites exploitations en appliquant des pratiques respectueuses de l’environnement9.
Les politiques et les programmes qui répondent aux contraintes auxquelles font face les petits cultivateurs encourageront les investissements privés dans le dévelopement agricole et urbain dans de nombreux pays à faible revenu et à déficit vivrier. Appliquées de manière systématique, ces mesures accompagnées d’un meilleur accès aux systèmes de financement et aux marchés, augmenteront de manière significative la contribution de l’agriculture à la croissance économique et au recul de la pauvreté.
La situation actuelle fournit une chance importante de porter une plus grande attention à l’évaluation des besoins, aux alertes rapides, à la planification des mesures d’urgence, à la gestion des risques et aux pratiques participatives. Ceci donne un moyen de prévenir et d’atténuer les risques liés à la volatilité du marché alimentaire. Des programmes internationaux d’aide alimentaire répondent aux besoins des populations vulnérables et les empêchent de recourir à des palliatifs dangereux. Toutefois, ces programmes ne peuvent pas toucher tous les mal nourris et les affamés du monde. Il faut mettre en place des systèmes ciblés de protection sociale qui assurent progressivement une couverture universelle aux groupes vulnérables pour renforcer la cohésion sociale et développer la capacité à absorber les chocs. Les programmes de protection pour les personnes âgées, les personnes handicapées, les enfants, les réfugiés et les personnes déplacées devraient être reliés à d’autres services sociaux de base. On pourra en outre entreprendre une expansion ou une révision de programmes d’importance critique dans les domaines de la nutrition, de l’eau et de l’assainissement ainsi que de la santé, un pas crucial vers la réalisation du droit à une alimentation suffisante et la promotion de pratiques nutritionnelles durables10.
Il est aujourd’hui possible de mettre en place une initiative internationale, d’adopter une position stratégique nouvelle sur le commerce agricole et d’évaluer la manière la plus efficace de faire face à la volatilité des marchés alimentaires. Les prix élevés peuvent conduire à adopter, en matière de commerce agricole, des politiques responsables qui bénéficieront aux pays à faible revenu par exemple en créant un secteur d’agriculture commerciale viable. L’adoption d’engagements forts pour réformer les programmes de subventions agricoles et l’accès aux marchés contribueraient à écarter un obstacle majeur au progrès des négociations commerciales de Doha dans le cadre de l’Organisation mondiale du commerce (omc) tout en continuant à appliquer les dispositions convenues pour protéger les consommateurs dans les pays à faible revenu importateurs de produits alimentaires11 et comprenant des dispositions tendant à compléter les efforts en vue d’accroítre l’investissement dans la petite agriculture des pays en développement.
Dans le même temps, un consensus est nécessaire sur les moyens d’assurer une plus grande complémentarité entre les priorités de la production alimentaire, le développement des biocarburants et la gestion de l’environnement, ce qui comprend une réévaluation des politiques actuelles de subventions actuelles pour les biocarburants. En outre, il faut envisager des mesures pour redonner confiance dans les systèmes du commerce international et régional, notamment pour savoir s’il faut (re)constituer des stocks de céréales mondiaux et régionaux bien gérés ou de faire davantage appel à des instruments du marché financier susceptibles de protéger les pays contre la volatilité des marchés alimentaires.
LE CADRE GLOBAL D’ACTION : AMÉLIORER CE QUE NOUS AVONS
Le Cadre présente deux groupes d’action pour promouvoir une réaction mondiale à la crise alimentaire12. Tous deux exigent une attention urgente. Le premier vise à répondre aux besoins immédiats des populations vulnérables. Le second contribue à la sécurité alimentaire et nutritionnelle dans le monde. Ces actions ne sont ni exhaustives ni exclusives. Elles visent à guider les évaluations et stratégies élaborées au niveau des pays et à soutenir les efforts de coordination internationale.
Pour être plus efficaces, ces actions doivent être prises simultanément aux niveaux national, régional et international et être adaptées aux conditions nationales et locales, en prenant en compte des initiatives relatives aux changements climatiques et à la réduction de la pauvreté. Elles comprennent les efforts coordonnés de la part des principales parties prenantes, en particulier des gouvernements, de la société civile et du secteur privé.
Action 1. Répondre aux besoins immédiats des populations vulnérables.
Le Cadre global d’action propose quatre résultats de base pour répondre aux menaces que posent les prix élevés pour les populations vulnérables et les pays en développement. Ceci contribuera à répondre aux besoins de ceux qui sont déjà appauvris et à minimiser le nombre des nouvelles familles tombant dans l’insécurité alimentaire parce que leurs revenus ne peuvent plus leur permettre d’acheter suffisamment d’aliments. Ils visent à répondre aux demandes actuelles et futures de disponibilités alimentaires. Ces résultats assureront également :
a) le renforcement et l’augmentation de l’accessibilité de l’aide alimentaire d’urgence, des interventions de nutrition et des filets de sécurité; b) la stimulation de la production alimentaire des petits exploitants; c) l’ajustement de la politique commerciale et fiscale; d) la gestion des implications macroéconomiques;
Ainsi, les résultats embrassent l’ensemble d’actions nécessaires pour améliorer l’accessibilité et la disponibilité alimentaires.
La Cadre d’action souligne la nécessité de partir des ressources et des capacités disponibles, de renforcer des activités déjà en cours et d’améliorer les interventions plutôt que d’en lancer de nouvelles. L’accent sera mis sur des actions qui peuvent donner des résultats rapides, mais la durée des activités pourra dépendre d’un certain nombre de facteurs comme la suppression des interdictions d’exporter, la vitesse et l’ampleur de la réaction de l’offre et les ajustements apportés aux prix des denrées alimentaires.
Action 2. Mettre en place une capacité de résistance à long terme et contribuer à la sécurité alimentaire et nutritionnelle dans le monde.
Le Cadre d’action propose quatre résultats de base pour cerner les possibilités offertes par la flambée des prix, mettre en place une capacité d’adaptation, contribuer à la sécurité alimentaire et nutritionnelle en s’attaquant aux facteurs fondamentaux qui sont à l’origine de la crise des prix. Les résultats proposent :
a) l’expansion des systèmes de protection sociale; b) le maintien de la croissance de la production alimentaire des petits exploitants; c) l’amélioration des marchés internationaux de produits alimentaires; et d) le développement du consensus international sur les biocarburants.
Ces résultats reconnaissent que la satisfaction des besoins immédiats doit être complétée par des actions qui contribueront à accroítre le degré d’autosuffisance des populations vulnérables, des exploitants et des pays. La réalisation de ces résultats permettra aux populations et aux pays de mieux absorber les chocs futurs des prix des produits alimentaires et des carburants tout en faisant en sorte que de tels chocs se produisent le moins possible. Ces résultats contribuent aussi directement à la réalisation de l’objectif de réduction de la pauvreté des OMD13 et concernent des actions de soutien des petits exploitants ainsi que des femmes rurales, des populations pauvres des zones rurales et urbaines. Cela dit, de nombreuses actions soutiennent la mise en place d’infrastructures et autres biens publics, de sorte que les gros exploitants en profiteront également. Le but est d’inciter le secteur privé à investir davantage et de manière plus soutenue dans les petites exploitations.
Ces mesures reflèteront le besoin d’une viabilité à long terme et la nécessité d’éviter d’aggraver les dommages causés à l’environnement. Elles devront être agréées et promues par les gouvernements, la société civile et le secteur privé. Elles appellent également des engagements concertés à long terme de la part de toutes les parties prenantes et exigent des actions qui soient modulables et qui s’ajustent à mesure que les conditions évoluent.
SYSTÈMES D’ALERTE RAPIDE
A l’appui de ces deux groupes d’actions, le Cadre d’action suggère de renforcer les systèmes de coordination, d’évaluation, de contrôle et de surveillance. Des informations plus fiables et plus soutenues permettront de mieux se prémunir contre les nouveaux chocs et de minimiser les risques et les effets des prix des denrées alimentaires élevés sur les plus vulnérables.
Il se fait déjà, au niveau national et mondial, un gros travail qui peut être élargi. Les systèmes de contrôle et d’information sont contrôlés et harmonisés en vue de saisir les évolutions concernant l’accès aux aliments, leur existence et leur utilisation, et de déterminer l’ampleur des besoins parmi différentes catégories de moyens de subsistance. D’autres ressources sont nécessaires pour renforcer le suivi des évolutions au niveau des collectivités, des ménages, des marchés ainsi que des échanges avec l’étranger pour permettre une bonne gestion de la crise actuelle.
Les pays à risques élevés et qui sont, de ce fait, appelés à voir les plus grands changements dans leur profil de sécurité alimentaire font l’objet d’une grande attention. Ce sont les pays qui : a) montrent une faible capacité de réaction et des niveaux élevés d’insécurité alimentaire et nutritionnelle ainsi que de pauvreté; b) ont des importations élevées de produits alimentaires et de carburants en comparaison avec le total de leurs importations, exportations et réserves en devises; c) ont des populations urbaines relativement nombreuses; d) connaissent déjà de fortes pressions inflationnistes et un climat politique instable; e) dont les populations dépensent une part importante du revenu des ménages en nourriture et qui sont exposés à une insécurité alimentaire; f) sont de plus en plus exposés à des conditions atmosphériques extrêmes liées au changement climatique.
COMMENT RÉALISER LE CADRE GLOBAL D’ACTION
La responsabilité incombe aux gouvernements nationaux qui, de ce fait, sont au centre de l’action. Ils y sont rejoints par des organismes privés, par des organisations d’agriculteurs/producteurs, par des organisations de la société civile, par des instances politiques et financières régionales, par des organismes donateurs ainsi que par des institutions des Nations Unies et de Bretton Woods. Ces parties prenantes ont déjà commencé à faire face aux conséquences les plus urgentes de la crise. Elles ont réalloué les ressources de programmes et mobilisé des fonds nouveaux pour assurer l’acheminement de l’aide alimentaire ainsi que des soins et du soutien nutritionnels (y compris la prévention et la gestion de la sous-nutrition et le soutien de filets de sécurité sociale pour les plus vulnérables). Elles fournissent aux petits exploitants des semences, des engrais et autres intrants de base.
La volonté d’action des gouvernements sera essentielle pour stimuler la réaction au niveau des pays. Pour permettre des réactions bien réfléchies, ciblées et efficaces, les institutions internationales travaillent de concert avec les autorités nationales à la réalisation d’évaluations sur la situation des pays concernant la sécurité alimentaire. L’Organisation pour l’alimentation et l’agriculture, le Fonds international pour le développement agricole, le Programme alimentaire mondial et la Banque mondiale ont déjà fini leur évaluation commune de 22 pays et des évaluations entreprises par diverses institutions ont été faites dans plus de 60 autres. Utilisant les bases de données mondiales sur la nutrition, l’Organisation mondiale de la santé a de son côté évalué la vulnérabilité des pays. Celles-ci ont mis au jour l’augmentation importante des coûts d’exécution et le surcroít de soutien financier et technique nécessaire pour répondre à la crise, tant en milieu rural qu’en milieu urbain. Des efforts sont en cours pour axer le travail du groupe d’action de haut niveau sur les pays à partir de ces évaluations.
Au cours des six prochains mois, la crise devrait s’aggraver et les membres du groupe d’action de haut niveau prêteront une attention concertée à plusieurs priorités mondiales : répondre aux besoins d’aide alimentaire et de protection sociale élargie; distribuer des facteurs de production et autres aides à agriculture; infléchir les orientations; et mobiliser les concours et répondre aux demandes de soutien.
POUR UN PARTENARIAT GLOBAL POUR L’ALIMENTATION
Pour soutenir les gouvernements dans leur rôle de direction, le Groupe d’action de haut niveau envisage de créer un partenariat large essentiel pour le Cadre global d’action et considère qu’il sera un facteur clé pour assurer la sécurité alimentaire et nutritionnelle. C’est pourquoi ses membres s’engagent en faveur d’une approche plus unifiée, d’une action plus concertée et d’une coordination plus forte au niveau des pays. Ce partenariat englobera le secteur privé, les organisations d’agriculteurs/producteurs, les bailleurs de fonds, les organisations non gouvernementales, la Croix-Rouge et le Croissant-Rouge. Le groupe d’action encouragera les partenariats avec les organisations régionales, les banques régionales de développement et autres banques multilatérales pour renforcer la coordination de l’analyse et des réactions à la crise alimentaire.
Le Cadre global d’action servira de cadre organisateur pour la coordination. Les modalités de cette coordination varieront d’un pays à l’autre, mais elles se caractériseront généralement par une étroite et systématique action. Une coopération étroite sur leurs évaluations et la planification ainsi que des consultations régulières et de partage des analyses contribueront à renforcer le partenariat global pour l’alimentation de manière à aider les gouvernements et leurs partenaires à éviter les empiètements et les lacunes.
Le Groupe d’action de haut niveau facilitera la formation d’un partenariat global pour l’alimentation et assurera le contrôle et l’évaluation des progrès réalisés dans la mise en œuvre du Cadre global d’action. Il travaillera avec les États Membres des Nations Unies à communiquer régulièrement leurs idées aux parties prenantes et à faire le point sur les progrès obtenus. D’autres fonctions comprennent la fourniture d’une saine analyse de l’évolution de la situation alimentaire, une coordination suivie aux niveaux les plus élevés et un élargissement des partenariats avec les parties prenantes clés.
LES IMPLICATIONS FINANCIÈRES

Les défis financiers actuels sont la conséquence d’un certain nombre de facteurs et de tendances, notamment l’existence de déséquilibres dans la dynamique de l’offre et de la demande, la limitation de la couverture et de la capacité des filets de sécurité en place pour les pauvres, le sous-investissement en agriculture ainsi que dans les transports et les marchés au cours des dernières décennies, venant s’ajouter à des politiques non incitatives qui ont amplifié les défis14. Par exemple, dans de nombreux pays, la part de l’agriculture dans les dépenses publiques est seulement de 4,5 % pour l’Afrique15, soit environ une baisse de 13 milliards de dollars16. Au niveau mondial, la part de l’agriculture dans l’aide publique au développement (apd) est aussi tombée de 18 % en 1979 à 3,4 % en 2006, soit environ une baisse de 4 milliards de dollars17.
Un soutien financier accru viendra d’un ensemble de sources – budgets nationaux, apd, secteur privé, agriculteurs et société civile. L’emploi d’instruments plus novateurs (comme les fondations privées et les fonds souverains) pourrait aussi être étudiés. Pour sa part, le Groupe d’action axera son action sur les dépenses et les investissements publics nécessaires. Il faut noter deux éléments:
Ordre de grandeur : Il n’est pas encore possible de donner une estimation fiable du surcroít global de concours financiers nécessaire pour la sécurité alimentaire et nutritionnelle, la protection sociale, le développement agricole et le fonctionnement des marchés alimentaires ou de déterminer le montant à mobiliser par des financements publics, notamment les dépenses publiques nationales et l’apd. Les récentes études et estimations préliminaires font état de 25 à 40 milliards de dollars par an18.
Décomposition des fonds nécessaires : Environ un tiers du montant global est nécessaire pour financer les besoins immédiats, en termes d’aide alimentaire, d’intrants agricoles ainsi que de soutien aux budgets et à la balance des paiements, et deux tiers pour investir dans la mise en place d’une capacité d’adaptation à plus long terme et en contribution à la sécurité alimentaire et nutritionnelle19. D’une manière générale, au moins 50 % du montant total devront être alloués à l’agriculture ainsi qu’au transport local et aux marchés20. La plus grande partie du montant restant sera consacrée aux interventions d’aide alimentaire et de nutrition ainsi qu’à la protection sociale21. Ces chiffres sont conformes aux coûts d’investissements estimatifs en protection sociale et en agriculture qui sont nécessaires à l’Afrique pour atteindre l’Objectif du Millénaire pour le développement d’éradiquer l’extrême pauvreté et la faim22.

AUGMENTER LA PART DE L’AGRICULTURE DANS LES DÉPENSES
Ces estimations montrent l’ampleur considérable du défi actuel. Elles indiquent que les besoins financiers sont considérables et dépassent de loin le niveau actuel de la réaction. D’où la nécessité d’accroítre immédiatement et substantiellement les dépenses et les investissements publics. À cet égard, le groupe d’action encourage :
❖ les pays en développement à prévoir un surcroít de ressources budgétaires pour le renforcement des systèmes de protection sociale et plus particulièrement pour augmenter la part de l’agriculture dans les dépenses publiques; ❖ les pays donateurs à doubler l’apd pour les programmes d’aide alimentaire, d’autres types de soutien nutritionnel et des programmes de filets de sécurité et à augmenter le pourcentage d’apd alloué au développement alimentaire et agricole du montant actuel de 3 % à 10 % en l’espace de 5 ans (et au-delà, s’il le faut) pour inverser le sous-investissement constant en agriculture; ❖ les pays en développement et les pays donateurs à améliorer la gestion des risques relatifs à la sécurité alimentaire et nutritionnelle par un meilleur usage des disponibilités alimentaires locales, à soutenir le développement de l’infrastructure, des marchés et des systèmes de préservation des aliments et à étudier la possibilité d’utiliser de manière novatrice les excédents de production alimentaire locale et des instruments financiers nouveaux; ❖ l’augmentation des allocations qui représente un véritable complément et ne détourne pas d’autres secteurs sociaux d’importance capitale pour atteindre les Objectifs du Millénaire pour le développement et autres priorités nationales de développement, comme l’éducation et la santé.
Le Groupe d’action demande aussi davantage de souplesse et de prévisibilité dans le financement de l’aide et des filets de sécurité alimentaire, une exemption des restrictions aux exportations pour les achats humanitaires de produits alimentaires, la liberté de mouvement de l’aide alimentaire humanitaire de part et d’autre et à l’intérieur des frontières et un meilleur accès aux stocks alimentaires par la constitution de réserves alimentaires humanitaires physiques ou virtuelles.
S’ASSURER QUE LES ACTIONS SONT MENÉES A BIEN
Le Groupe d’action de haut niveau sur la crise alimentaire mondiale a été établi le 29 avril 2008 avec un mandat des responsables des institutions, des fonds et des programmes des Nations Unies. Bien qu’il n’ait pas été envisagé comme une instance permanente, ou comme une raison de créer de nouveaux mécanismes, il favorisera les relations entre parties prenantes en s’appuyant sur des initiatives en cours et des capacités en place, puisant dans le savoir des organisations nationales, régionales et internationales compétentes, de groupes de la société civile, de la communauté scientifique et du secteur privé et axant son action sur une réaction coordonnée cohérente et active. Le Cadre d’action agira comme un centre de gravité pour encourager les parties prenantes à travailler en partenaires.
Il envisage les prochaines étapes : comment assurer le mieux possible la coordination des activités au niveau des pays, le financement et les progrès; le suivi des informations, notamment le financement dans et entre les pays; et la mobilisation des ressources.
Reconnaissant le rôle important du secteur privé et de la société civile, le Groupe d’action étudie les mécanismes pour les engager plus systématiquement à réaliser les résultats Cadre global d’action. Les résultats et actions définis dans ce cadre ne pourront se réaliser que par un partenariat à tous les niveaux.
Le Groupe d’action continuera à jouer un rôle de premier plan et de coordination pour aider les gouvernements et les communautés touchées à affronter la crise alimentaire mondiale. Surtout, les politiques, les actions et les résultats sont parfaitement réalisables, à condition d’y consacrer la volonté politique et les ressources nécessaires et d’être prêts à travailler ensemble.
Les techniques sont toutes plus ou moins connues et testées. Les montants financiers concernés, bien qu’importants dans un sens, sont peu comparés à ce qui est en jeu ou aux flux de capitaux qui sont échangés chaque jour dans les marchés financiers ou des carburants. Chaque pays dans le monde est touché, bien qu’à divers degrés. En d’autres termes, nous savons ce qu’il faut faire pour surmonter la crise. Nous devons être sûrs de le faire.
Cet article est fondé sur les travaux du Groupe d’action de haut niveau sur la crise alimentaire mondiale et en particulier du Cadre global d’action.
Notes 1 L’aide extérieure à l’agriculture est passée de 18 % de l’aide publique au développement en 1978 à 3 % en 2007. 2 On prévoit pour 2007/08 une chute de 18,7 % des stocks céréaliers mondiaux, le niveau le plus faible depuis 30 ans. 3 FAO, « Perspectives des récoltes et situation alimentaire », avril 2008. 4 Le groupe intergouvernemental sur le changement climatique calcule qu’à lui seul le changement climatique pourrait conduire à une augmentation du nombre de mal nourris de 40 à 170 millions. 5 Les participants au groupe d’action de haut niveau sont les suivants : Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), Fonds international de développement agricole (FIDA), Fonds monétaire international (FMI), Office du Haut représentant des Nations Unies pour les pays les moins avancés, les pays en développement enclavés et les petits États insulaires en développement, Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED), Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE), Haut commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF), Programme alimentaire mondial (PAM), Organisation mondiale de la santé (OMS), Banque mondiale, Organisation mondiale du commerce (OMC), Département des affaires économiques et sociales, Département des affaires politiques, Département de l’information, Département des opérations de maintien de la paix, Conseiller spécial sur les objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) et Organisation de coopération et de développement économiques (ocde). 6 FAO, Perspectives alimentaires, mai 2008. 7 La sécurité alimentaire comprend les questions d’accès, de disponibilité et d’utilisation. Il y a sécurité nutritionnelle quand la sécurité d’accès à une alimentation nutritive de base est garantie ainsi que les conditions d’hygiène, les services de santé et une protection sanitaire de nature à assurer une vie saine et active à tous les membres du ménage. 8 Voir http://www.un.org/milleniumgoals/# 9 L’augmentation de la production agricole est fortement tributaire de l’existence de sols riches, de ressources en eau et d’aires d’alimentation comme les forêts; c’est pourquoi il faut suivre une démarche soucieuse de la sauvegarde de l’environnement afin d’éviter que se produise une autre crise alimentaire par suite de l’épuisement des sources d’eau, de la salinisation des sols et des nappes phréatiques et une perte permanente de biodiversité et d’écosystèmes. 10 Le droit à l’alimentation n’est pas le droit d’être nourri, mais principalement le droit de se nourrir dans la dignité. C’est seulement si, pour des raisons qui échappent à sa volonté, un individu est incapable de subvenir à ses besoins que l’État est dans l’obligation de lui fournir des aliments ou les moyens d’en acheter. Le droit à l’alimentation est reconnu par l’article 25 de la Déclaration universelle des droits de l’homme et par l’article 11 du Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels. 11 Voir le site de l’OMS : http://www.wto.org 12 Voir http://wwww.un.org/issues/food/taskforce/ 13 Objectif du Millénaire pour le développement 1 : Éradiquer l’extrême pauvreté et la faim, dont réduire de moitié la proportion de personnes qui souffrent de la faim. Voir http://www.un.org/milleniumgoals/# 14 Le rapport 2008 de la Banque mondiale pour le développement, L’agriculture au service du développement, explique que la chute de l’investissement agricole au cours des 25 dernières années est largement due à l’échec à faire face aux parti pris de la politique macro-économique et sectorielle à l’encontre l’agriculture; de la dépendance à l’égard des États dans des activités comme la fourniture d’intrants et la distribution qui ont trop demandé aux capacités publiques tout en évinçant le secteur privé; et du peu de possibilités laissées aux agriculteurs et aux autres parties prenantes rurales pour influer sur les priorités d’investissement public ou pour tenir l’État responsable de la mise en œuvre. En outre, les institutions donatrices n’ont pas investi suffisamment de temps à définir des approches coordonnées à l’échelle du secteur afin de renforcer la fourniture des services publics. En outre, les organismes donateurs n’ont pas passé assez de temps à travailler vers des approches sectorielles coordonnées du renforcement de l’action du service public. Les institutions internationales aussi tendaient vers d’étroites approches spécialisées qui ne tenaient pratiquement aucun compte des articulations entre recherche, marketing, environnement et finances publiques. Enfin, il n’y a pas eu de bonnes évaluations de l’impact des programmes pour influer sur leur conception ou en relever les difficultés. 15 FAO « financement de l’agriculture : problèmes, contraintes et perspectives, » 2007. 16 Stephen Akroyd et Lawrence Smith (2007), Review of Public Spending to Agriculture. Étude conjointe du département du développement international et de la Banque mondiale, page 2. Le rapport 2008 de la Banque mondiale sur le développement dans le monde indique que la part des dépenses publiques dans les pays à base agricole (la plupart en Afrique) est sensiblement moindre (4 % en 2004) que dans les pays en transformation au moment de la forte poussée de leur croissance agricole (10 % en 1980), page 40. 17 En 2006, la part de l’agriculture a représenté 3,4 % des engagements d’APD ou environ 3,99 milliards de dollars et seulement 2,6 % ou environ 2,3 milliards de dollars en termes de décaissement d’APD (données extraites de la Banque de données statistiques de l’OCDE). 18 Ceci est fondé sur des estimations préalables des organismes membres du GAHN ainsi que d’organisations internationales de recherche. Ces chiffres seront actualisés à mesure que paraítront des informations tirées des évaluations faites au niveau des pays. 19 Rapport sur le développement dans le monde, « l’agriculture au service du développement » 2008; IFPRI, « Rising food prices, What should be done? » avril 2008; note d’orientation de l’IFPRI « Investing in agriculture to overcome food crisis and reduce poverty and hunger, » juin 2008; FMI, « Food and Fuel Prices – Recent Developments, Microeconomic Impact, and Policy Responses, » juin 2008; « The Balance of Payments Impact of the Food and Fuel Price Shocks on Low-Income African Countries; et « Country by Country Assessment », juin 2008.). 20 Selon l’IFPRI (S.Fan et M. Rosegrant, 2008), l’investissement public nécessaire pour que l’agriculture des pays en développement puisse atteindre le premier objectif des OMD (notamment recherche, routes rurales et irrigation et subventions partielles de facteurs de production pour les cultivateurs les plus pauvres) est estimé à 16,3 milliards de dollars. 21 Les besoins annuels du PAM, qui devraient atteindre 6 milliards de dollars par an, représentent traditionnellement 55 % de l’aide alimentaire mondiale, les ONG et l’aide bilatérale représentant le reste (Réf. 2007 rapport Interfais). 22 Agriculture and Food Security Thematic Working Group, MDG-Africa Working Group – Business Plan, 15 mai 2008.

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